Le projet

« Notre projet, à la fois journalistique et artistique… », consistait à recueillir les traditions orales rwandaises. Découvrir et témoigner de la richesse de cette culture orale : un bon prétexte pour rencontrer « le Rwandais », quel qu’il soit, que de passer par le récit des mythes locaux. En tous cas, c’était le postulat initial.

« Sous la forme d’un triptyque récit de voyage, reportage et contes pour enfants », on a tenté d’adopter la méthodologie employée pour une enquête journalistique, mais en laissant une grande place au hasard. Il nous a menées vers des gens improbables, et on est souvent allées ailleurs que vers ce que l’on imaginait. Parfois, en somme, on s’est plantées. La plupart du temps, on a eu beaucoup de chance. Mais ce qui est resté de l’objectif de départ, c’était ceci : le travail devait à son issue, de façon volontairement subjective, tracer un portrait du Rwanda d’aujourd’hui en passant par les mythes d’hier. Pompeux, mais on aime bien cette phrase.

« Sur place, nous irons à la rencontre d’écrivains, d’artistes, de sportifs, de politiques, et aussi, beaucoup, là où le hasard et les rencontres nous mèneront. » Ca, c’est ce qu’on avait écrit, « avant ». On s’y est tenues. On est allées à la rencontre de pas mal de gens. On a donné de nos personnes. « On aimerait intervenir dans des classes afin de recueillir, aussi, la parole des enfants, et la perception qu’ils ont de leurs contes préférés. » Ca, on l’a fait aussi.

On vous épargnera la liste des choses qu’on n’a pas faites. Des heures de bus pour un rendez-vous fixé un mois à l’avance, qui nous est interdit « parce qu’on n’a pas le papier ». Le Rwanda est un pays de paperasse et d’emmerdements. Et même avec le sujet le plus kawaï, on a souvent fait face à des murs.

Mais on les a eus, les contes. Et comme attendu, ils traitent tous les aspects de la vie coutumière, et mettent en scène les multiples spécificités du « pays aux mille collines » : l’agriculture et l’élevage (vaches, agriculture), les volcans, les animaux sauvages (hyènes, gorilles –qu’on n’a pas vus : 750 dollars la visite, vous nous pardonnerez), la vie quotidienne, les croyances et les traditions…

« Cette quête que nous allons mener nous permet d’entrer au plus profond de la culture rwandaise, tout en préservant, dans notre travail de restitution, un aspect ludique et accessible. » Ce n’est pas si faux. Au plus profond, il ne faut pas exagérer. On a aussi beaucoup pratiqué le Kigali by night. On a vu mieux en termes de traditions, mais aujourd’hui, on connaît des tubes interplanétaires dont on n’avait pas idée. Vous allez pouvoir vous délecter de la playlist ici.